Recevoir un devis pour des panneaux solaires deux fois moins cher que la concurrence, c'est tentant. Très tentant, surtout quand on cherche à réduire sa facture d'électricité.
Mais voici ce que les installateurs low-cost ne vous disent pas : leur prix défie toute concurrence pour une raison simple. Ils proposent une installation qui ne pourra JAMAIS être raccordée au réseau STEG.
Le référentiel technique de la STEG impose des règles précises. Un installateur qui les ignore ou les contourne vous vend une installation inutilisable. Et quand la STEG refusera le raccordement, il aura déjà encaissé votre argent.
Votre installateur respecte-t-il les règles STEG ?
Répondez à 26 questions simples pour savoir si l'installation qu'on vous propose est vraiment conforme. Aucune connaissance technique requise. Basé sur le référentiel officiel STEG.
Cet article vous donne 7 vérifications simples à faire sur votre devis. Aucune connaissance technique requise. Juste votre attention et ce guide.
Vérification n°1 – L'installateur utilise-t-il du matériel d'occasion ?
Ce que dit le référentiel STEG : "Tout le matériel (panneaux, onduleur, câbles) doit être neuf, en bon état et sans signe de détérioration."
🚩 Pourquoi c'est un drapeau rouge immédiat
Un installateur qui vous propose des "panneaux récupérés d'un chantier" ou "reconditionnés pour réduire le prix" enfreint délibérément le référentiel. L'exigence de matériel neuf s'applique à l'ensemble des composants de la centrale photovoltaïque, comme précisé à la question 1 de notre quiz de conformité.
Les équipements d'occasion, même performants à 80%, ne répondent pas aux exigences de conformité pour une nouvelle installation raccordée au réseau. L'ANME ne délivre des certificats d'homologation que pour du matériel neuf conforme aux normes.
📋 La preuve à demander sur le devis
Point de contrôle n°1 : Le devis doit mentionner explicitement "matériel neuf – certificat d'acceptation ANME à fournir".
Point de contrôle n°2 : Demandez les références exactes des panneaux (marque, modèle, puissance). Vérifiez ensuite si ces références figurent sur la liste des panneaux photovoltaïques acceptés par l'ANME.

Que faire si ce point n'est pas respecté ? Ne signez pas. Un installateur qui commence par vous proposer du matériel d'occasion ne respectera probablement aucune des autres obligations du référentiel.
Vérification n°2 – La puissance des panneaux respecte-t-elle votre compteur STEG ?
Ce que dit le référentiel STEG : La puissance des panneaux (en kWc) ne doit pas dépasser votre puissance souscrite.
🚩 Le piège du surdimensionnement
Certains installateurs vous vendent une installation surdimensionnée "pour produire plus". Sauf que si vous avez un compteur monophasé standard, vous êtes limité à 6 kWc maximum. C'est une obligation technique du réseau STEG pour garantir l'équilibre du réseau.
Un devis proposant 9 kWc sur une maison monophasée est donc illégal. La STEG refusera purement et simplement le raccordement.
📋 Comment vérifier votre compteur
Étape 1 : Regardez votre compteur électrique ou votre facture STEG :
- Monophasé → limite à 6 kWc
- Triphasé → possibilité d'aller au-delà (sous conditions)
Étape 2 : Vérifiez la puissance totale proposée sur le devis (en kWc). Si elle dépasse la limite de votre compteur, l'installateur vous vend une installation que la STEG n'acceptera jamais.
👉 Vous n'êtes pas sûr de la puissance adaptée à votre maison ? Obtenez une étude photovoltaïque gratuite et personnalisée pour connaître exactement ce dont vous avez besoin.

Vérification n°3 – L'ombrage a-t-il été étudié ou simplement ignoré ?
Ce que dit le référentiel STEG : "Il faut éviter tout obstacle provoquant un ombrage, même partiel."
🚩 "Une petite ombre sur un coin, ce n'est pas grave" – C'est FAUX
Un installateur qui vous dit que l'ombrage n'est pas grave soit ne comprend pas le fonctionnement des panneaux solaires, soit préfère vous mentir pour gagner du temps (et de l'argent) sur l'étude.
Une ombre sur une seule cellule peut drastiquement affecter toute la chaîne de panneaux. Les ombres créent des points chauds et diminuent fortement le rendement énergétique global de la centrale.
📋 Signes d'alerte à rechercher sur le devis et dans le comportement de l'installateur
| À vérifier | Ce qui doit vous alerter |
|---|---|
| Le devis | Ne mentionne aucune étude d'ombrage |
| L'installateur | N'est jamais monté sur votre toit OU n'a jamais réalisé une étude d'ombrage sérieuse (par outil de simulation ou relevé terrain) |
| La réponse typique | "On verra sur place" / "On ajustera au moment de la pose" |
👉 Si vous cochez une seule de ces cases, l'installateur prend le risque de laisser vos panneaux à l'ombre. Et c'est votre production qui en pâtira.
💡 Le vrai coût d'un ombrage ignoré – Calcul concret pour une maison tunisienne
Prenons l'exemple d'une installation typique en Tunisie :
- Puissance installée : 3 kWc
- Production annuelle attendue (sans ombre) : 5 000 kWh
- Prix de l'électricité économisé (tarif STEG) : environ 0,4 dinar par kWh (400 millimes)
Si l'ombrage n'est pas traité, la perte de rendement peut atteindre 25% (c'est même souvent plus, mais restons conservateurs).
Ce que ça donne :
- Production perdue chaque année : 25% × 5 000 kWh = 1 250 kWh
- Perte financière annuelle : 1 250 kWh × 0,4 DT = 800 dinars
- Sur 30 ans (durée de vie de l'installation) : 800 DT × 30 = 24 000 dinars de perte
Oui, vous avez bien lu. Un ombrage négligé peut vous coûter 24 000 dinars sur la durée de vie de vos panneaux.
Et ce calcul ne tient même pas compte de l'augmentation future du prix de l'électricité.
Vérification n°4 – La structure de fixation est-elle conforme ?
Ce que dit le référentiel STEG : Les cadres des modules ne doivent pas être percés ou retouchés sur site. Le châssis doit être métallique.
🚩 Le matériau interdit : l'acier non traité
Le référentiel interdit formellement l'utilisation d'acier simple non traité. Pourquoi ? Parce qu'il rouille rapidement, compromettant la solidité et la pérennité de l'installation.
Matériaux autorisés :
- Aluminium anodisé
- Acier galvanisé à chaud (traitement anti-corrosion)
- Acier inoxydable
🚩 L'interdiction de percer les cadres
Percer le cadre en aluminium des panneaux est strictement interdit. Cela fragilise la structure du module, annule la garantie fabricant, et compromet la protection contre la corrosion.
📋 Point de contrôle sur le devis : Le devis doit préciser le matériau utilisé pour la structure. Si ce n'est pas le cas, demandez-le. Si on vous parle "d'acier standard", fuyez.
Vérification n°5 – Les documents obligatoires sont-ils prévus ?
Ce que dit le référentiel STEG : "Une fiche des essais et vérifications remplie et signée doit être remise au client."
🚩 Sans ces documents, votre installation n'existe pas légalement
Un devis qui ne mentionne pas ces documents ou promet de les fournir "après" est un signal d'alarme majeur. Voici les 5 documents obligatoires à exiger :
| Document | Utilité |
|---|---|
| Certificat d'acceptation ANME des modules | Preuve que les panneaux sont homologués en Tunisie |
| Certificat de conformité de l'onduleur | Conformité aux normes de sécurité (découplage réseau) |
| Fiche des essais et vérifications | Atteste que les tests sécurité ont été effectués |
| Schéma unifilaire de l'installation | Plan électrique détaillé (indispensable pour STEG) |
| Attestation d'assurance décennale | Protection contre les vices cachés (10 ans) |
Le site de l'ANME précise que "tous les modules photovoltaïques doivent disposer d'une attestation/certificat d'acceptation fourni par l'ANME".
📋 Point de contrôle sur le devis : Le devis doit lister ces documents. Un installateur sérieux les fournit avant signature, pas après.
Vérification n°6 – L'installateur respecte-t-il les règles de sécurité visibles ?
Ce que dit le référentiel STEG : Signalisation obligatoire – lettres ROUGES sur fond JAUNE. Aucune borne ou fil dénudé accessible.
🚩 Ce qui se voit sur votre toit après installation
Certaines non-conformités sont visibles même sans être expert. Voici ce que vous devez vérifier après l'installation (mais avant le paiement final) :
1. Les étiquettes de coupure d'urgence
- Obligation : Lettres ROUGES sur fond JAUNE
- C'est la norme de signalisation imposée pour identifier clairement les dispositifs de coupure d'urgence
2. Le panneau d'avertissement près du compteur
- Obligation : Signalisation de présence de deux sources de tension (Réseau STEG + Solaire)
- Pourquoi ? Cela alerte les intervenants (pompiers, techniciens) que même si le réseau est coupé, les panneaux peuvent produire du courant.
3. Les câbles
- Interdiction : Câbles qui traînent, non fixés ou non protégés
- Risques : Détérioration par les UV, la pluie, les rongeurs → arcs électriques ou incendie
- Les câbles DOIVENT être dans des gaines ou chemins de câbles adaptés pour durer 20 ans
4. Les boîtiers électriques
- Interdiction : Bornes ou fils dénudés accessibles
- Obligation : Tout doit être protégé contre les contacts directs pour éviter toute électrocution
Vérification n°7 – L'onduleur est-il correctement spécifié et garanti ?
Ce que dit le référentiel STEG : Garantie minimale recommandée de 5 ans pour l'onduleur.
🚩 L'onduleur, pièce maîtresse trop souvent négligée
L'onduleur est le composant le plus critique après les panneaux. C'est lui qui convertit le courant continu des panneaux en courant alternatif utilisable par votre maison et le réseau STEG.
La garantie – votre meilleur indicateur :
- Un installateur sérieux propose une garantie d'au moins 5 ans
- Un installateur low-cost propose 1 ou 2 ans → matériel bas de gamme
🚩 La déconnexion automatique – obligatoire mais souvent absente
L'onduleur doit se couper automatiquement en cas de coupure du réseau STEG. Pourquoi ? Pour protéger les techniciens STEG qui travaillent sur les lignes électriques. Un onduleur qui continue d'injecter pendant une panne peut être mortel pour eux. Le référentiel l'exige via la "protection de découplage".
📋 Que vérifier sur le devis :
- La marque et le modèle exact de l'onduleur
- La mention de la garantie (5 ans minimum)
- La certification de conformité aux normes de découplage réseau
💡 Insight original – Le vrai coût d'un onduleur bas de gamme :
Économiser 500 DT sur un onduleur low-cost peut vous coûter plus de 3 000 DT en réparation ou remplacement après seulement 2 ou 3 ans. Un onduleur de qualité garanti 5 ans, c'est 5 ans de tranquillité. Le mauvais choix vous expose à une panne tous les 2 ans pendant toute la durée de vie de votre installation.
Questions Fréquentes (FAQ)
1. Un devis à 5 000 DT pour 3 kWc, c'est possible ou c'est une arnaque ?
Réponse : Méfiance. Les prix moyens en Tunisie en 2025 se situent entre 2 900 DT et 3 750 DT par kWc pour des installations résidentielles. Pour 3 kWc, un prix correct se situe entre 8 700 DT et 11 250 DT. En dessous, l'installateur a forcément fait des économies quelque part : matériel non certifié, absence d'étude, garanties réduites, etc. Rappelez-vous : rien n'est gratuit dans le solaire.
2. Mon installateur me dit que les certificats ANME arrivent "après l'installation". Est-ce vrai ?
Réponse : Non, c'est un mensonge dangereux. Un installateur sérieux ne commande que du matériel déjà certifié ANME. Les certificats accompagnent le matériel à la livraison. S'il vous dit qu'ils arrivent "plus tard", c'est soit qu'il n'a pas encore acheté le matériel avec votre acompte, soit qu'il utilise du matériel non certifié en espérant que vous ne vérifierez pas. Exigez les certificats avant le début des travaux, ou ne signez pas.
3. Comment savoir si mon installateur figure sur la liste officielle des installateurs éligibles ?
Réponse : L'ANME tient une liste publique des Sociétés Installatrices Eligibles pour la réalisation des installations photovoltaïques raccordées au réseau. Demandez à votre installateur son numéro d'éligibilité ANME, puis vérifiez-le sur le site de l'ANME. S'il n'est pas sur cette liste, votre installation ne sera pas éligible aux procédures officielles.
4. L'installateur a percé le cadre de mes panneaux. Que faire ?
Réponse : Documentez immédiatement avec des photos claires. Contactez l'installateur par écrit (email ou recommandé) pour exiger la correction. Le percage des cadres est formellement interdit par le référentiel, cela fragilise la structure et annule la garantie fabricant. Si l'installateur refuse de corriger, contactez l'ANME ou un bureau de contrôle. N'acceptez jamais une installation avec des cadres percés.
5. Mon installateur refuse de me donner la fiche des essais. Est-ce grave ?
Réponse : Très grave. La fiche des essais et vérifications est votre preuve légale que l'installation a été testée (continuité de terre, polarité, fonctionnement) et est sécurisée. Sans elle, vous n'avez aucune garantie que l'installation ne présente pas de danger électrique. La STEG peut d'ailleurs exiger ce document. Exigez cette fiche signée avant le paiement final.
6. Puis-je installer moi-même mes panneaux pour économiser ?
Réponse : Non. En Tunisie, le raccordement au réseau STEG exige une installation réalisée par un professionnel éligible ANME. Une installation "maison" ne pourra jamais obtenir l'accord de raccordement. De plus, vous perdriez toutes les garanties. Le solaire est un investissement : faites-le correctement dès le départ.
7. Quelle est la durée de vie réelle d'une installation solaire conforme ?
Réponse : Une installation réalisée selon le référentiel STEG avec du matériel certifié peut durer 20 à 25 ans. Les panneaux perdent environ 0,5% à 0,8% de rendement par an. L'onduleur, en revanche, a une durée de vie plus limitée : 10 à 15 ans. C'est pourquoi la garantie 5 ans sur l'onduleur est cruciale – elle couvre la période où les pannes sont les plus probables.
8. Je veux comparer mon installation avec des références fiables. Où trouver des données ?
Réponse : Consultez les ressources officielles : le site de l'ANME pour les listes d'équipements et d'installateurs, le site de la STEG pour le référentiel technique. Vous pouvez aussi utiliser notre simulateur de facture STEG pour estimer vos économies potentielles selon votre consommation réelle.

Conclusion – Le prix bas est souvent le plus cher
Un devis solaire trop bas, c'est rarement une bonne affaire. C'est souvent le signe que l'installateur :
- Utilise du matériel d'occasion ou non certifié (refus de raccordement STEG garanti)
- Ignore l'étude d'ombrage (perte de rendement de 20 à 30%)
- Néglige la structure (risque de rouille, chute des panneaux)
- Oublie les documents obligatoires (aucune preuve de conformité)
- Propose un onduleur bas de gamme (pannes récurrentes, garantie insuffisante)
Ces 7 vérifications vous donnent les clés. Vous n'avez plus besoin d'être expert technique pour repérer un mauvais installateur. Vous avez juste besoin de poser les bonnes questions et d'exiger les bonnes preuves.
Le bon installateur n'a rien à cacher. Il vous fournira tous les documents, vous expliquera chaque point du devis, et respectera scrupuleusement le référentiel STEG. Parce qu'il sait que c'est la seule façon de vous offrir une installation qui fonctionnera pendant 20 ans.
📞 Prêt à passer à l'étape suivante ? Obtenez une étude photovoltaïque gratuite et personnalisée pour votre maison. Nous vous fournissons un devis clair, conforme au référentiel STEG, avec tous les documents obligatoires – avant même le début des travaux.




