Votre facture STEG du mois prochain n'a pas encore changé. Mais quelque chose a changé, loin de chez vous, dans un petit détroit au Moyen-Orient, et ça va finir par arriver jusque dans votre boîte aux lettres.
Depuis le 28 février 2026, une opération militaire a frappé l'Iran, et la riposte a été immédiate : la fermeture du détroit d'Ormuz. Vous n'avez peut-être pas suivi l'actualité en détail. Mais voilà ce que ça signifie pour vous, concrètement : 20% du pétrole mondial est aujourd'hui bloqué dans ce couloir de 39 kilomètres.
Et la Tunisie, elle, achète son pétrole sur ce même marché mondial.
Quand le prix du pétrole monte, l'État tunisien a un choix à faire. Soit il laisse les prix monter pour vous aussi. Soit il paie la différence de sa poche, pour que vous ne sentiez rien. Jusqu'ici, il a souvent choisi de payer. Mais le budget 2026 a été construit sur un prix du baril à 63 dollars. Le pétrole dépasse aujourd'hui les 115 dollars. C'est presque le double.
L'État peut tenir combien de temps encore ?
Un passage de 39 km qui décide du prix de votre électricité
Imaginez un tuyau. Un seul tuyau par lequel passe presque un cinquième de tout le pétrole consommé dans le monde chaque jour. Ce tuyau, c'est le détroit d'Ormuz, un bras de mer entre l'Iran et Oman, si étroit qu'on pourrait presque le traverser à la nage, comparé à l'océan.
La guerre Iran–États-Unis/Israël a transformé ce couloir en zone de paralysie. Selon des données publiées début mai 2026, seuls 35 navires ont transité en une semaine, soit moins de la moitié du niveau habituel. Les grandes compagnies pétrolières n'envoient plus leurs bateaux. Trop risqué.
Résultat : moins de pétrole circule dans le monde. Et quand il y a moins de quelque chose que tout le monde veut, son prix monte.
La Tunisie n'a pas de pétrole en grande quantité. Elle en importe. Donc quand le prix du pétrole monte à l'international, la Tunisie paie plus cher, elle aussi. Et c'est là que votre facture STEG entre dans l'histoire.
Pourquoi le prix de l'électricité dépend du pétrole
La STEG produit de l'électricité. Pour la produire, elle utilise du gaz et du pétrole. Quand ces matières premières coûtent plus cher, produire un kilowattheure (c'est l'unité sur votre facture, ce que consomme votre climatiseur en une heure environ) coûte plus cher aussi.
Le coût réel pour produire un kilowattheure atteint aujourd'hui environ 472 millimes. Mais ce que vous payez sur votre facture représente seulement 60% environ de ce prix. Les 40% restants ? C'est l'État qui les règle, discrètement, pour que votre facture reste supportable. C'est ça, une subvention. Juste l'État qui met la main à la poche pour qu'on ne vous fasse pas payer le prix réel.
Le problème, c'est que cette poche a des limites.
L'État paie la différence. Mais jusqu'à quand ?
L'État tunisien joue depuis des années le rôle de tampon entre vous et le vrai prix de l'électricité. Quand le pétrole monte à l'international, il absorbe la différence pour que votre facture ne bouge pas. Sauf que le budget 2026 a été construit sur un prix du baril à 63 dollars, et le pétrole dépasse aujourd'hui les 115 dollars. C'est presque le double. Et chaque dollar de plus coûte environ 164 millions de dinars supplémentaires à l'État.
Face à ça, deux options seulement : emprunter encore plus, ou faire passer une partie de la note sur votre facture. Il n'y en a pas d'autres.
Personnellement, je pense que la vraie question n'est pas "est-ce que les tarifs vont augmenter". La vraie question, c'est "quand, et de combien d'un coup".
Ce que ça donne en dinars sur votre facture
Entrez le montant de votre dernière facture STEG. Choisissez un taux de hausse. Le graphe fait le reste.
C'est une projection, pas une certitude. Personne ne connaît le chiffre exact d'une future augmentation. Mais regardez ce que donne même un scénario modeste de 7% tous les deux ans. Pour un foyer qui paie 90 DT aujourd'hui, on arrive à 160 DT dans dix ans. Sans consommer un seul appareil de plus.
Ce n'est pas une catastrophe annoncée. C'est une tendance. Et les tendances, ça se prépare.
Ce que cette hausse change si vous pensiez au solaire "plus tard"
Beaucoup de Tunisiens y pensent au solaire. Depuis des années. Et ils remettent à plus tard, parce que l'investissement de départ fait peur, ou parce que la facture STEG reste encore "gérable".
Voilà l'observation que personne ne formule clairement : chaque hausse du tarif STEG raccourcit le temps qu'il faut pour rentabiliser une installation solaire. Ce n'est pas un argument commercial, c'est de l'arithmétique simple. Si votre facture passe de 90 DT à 120 DT par mois, votre installation solaire, elle, elle ne change pas de prix. Elle vous produit toujours la même électricité. Mais maintenant, cette électricité vaut plus cher, parce que vous auriez dû la payer plus cher à la STEG.
Ce que vous économisez chaque mois augmente. Et donc vous récupérez votre investissement plus vite.
Ce sujet est détaillé avec des chiffres tunisiens concrets dans cet article.

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FAQ
Est-ce que la STEG va vraiment augmenter ses tarifs en 2026 ? Aucune annonce officielle n'a été faite à ce jour. Mais les chiffres parlent d'eux-mêmes : le budget a été calculé avec un pétrole à 63 dollars, et on est à 115. L'État va devoir faire un choix. Augmenter les tarifs est l'une des deux seules options disponibles.
C'est quoi exactement le détroit d'Ormuz, et pourquoi ça me concerne ? C'est un bras de mer par lequel passe un cinquième du pétrole mondial. Depuis le 28 février 2026, il est bloqué à cause de la guerre entre l'Iran et les États-Unis et Israël. Moins de pétrole circule dans le monde, donc son prix monte. Et la Tunisie achète son pétrole sur ce marché. Donc quand ça monte là-bas, ça finit par arriver ici.
Pourquoi l'État ne continue pas simplement à payer la différence ? Il le fait, pour l'instant. Mais ça lui coûte des milliards de dinars supplémentaires non prévus dans le budget. À un moment, soit il emprunte encore plus, soit il transfère une partie du coût sur les factures. Les deux options ont un prix.
Si les tarifs augmentent de 30%, ma facture augmente de 30% aussi ? Pas forcément. À cause du système de tranches progressives de la STEG, une hausse de 30% du tarif peut faire augmenter votre facture de bien plus selon votre niveau de consommation. Utilisez le simulateur de Sunrise.tn pour voir votre cas précis.
Le solaire me protège contre ces hausses ? Oui, partiellement. L'électricité que vous produisez chez vous avec des panneaux solaires ne dépend pas du tarif STEG. Elle coûte le même prix qu'il y a cinq ans : zéro à la production. Vous restez branché à la STEG pour le complément, mais votre consommation STEG baisse, et donc votre exposition aux hausses aussi.
Votre facture STEG d'aujourd'hui n'est peut-être pas le prix que vous allez payer dans 12 mois. Ce n'est pas une certitude. Mais ce n'est pas non plus une simple hypothèse : c'est la direction dans laquelle pointent tous les chiffres disponibles.
L'État a joué le rôle de tampon entre vous et les prix réels de l'énergie pendant des années. Ce rôle a un coût. Et ce coût, avec un pétrole à 115 dollars et un détroit toujours bloqué, devient difficile à tenir.
La vraie question, c'est celle-ci : si votre facture passe à 120, 150 ou 200 dinars par trimestre, est-ce que vous l'aurez vue venir ? Et est-ce que vous aurez eu le temps de vous préparer ?

