Sa première facture STEG après l'installation, il l'attendait avec impatience. Deux mois de production solaire, deux mois d'ensoleillement tunisien sur le toit. Il ouvre l'enveloppe. Le montant : 280 dinars.
Pas les frais fixes qu'on lui avait promis. Pas la quasi-disparition de la ligne "énergie". Deux cent quatre-vingts dinars d'électricité, comme avant. Ou presque. Et en parallèle, le prélèvement PROSOL qui part chaque mois sans faillir.
Deux lignes de dépense là où il devait n'en avoir plus qu'une, minime.
Ce scénario, il se répète bien plus souvent qu'on ne le dit dans les showrooms solaires. Pas parce que le solaire ne fonctionne pas. Les panneaux tournent, l'onduleur produit, le compteur bidirectionnel enregistre. Tout fonctionne. Le problème est ailleurs, plus en amont, et il s'appelle le dimensionnement.
Ce que la STEG facture vraiment après une installation solaire
Beaucoup de gens croient, de bonne foi, que la STEG calcule leur facture exactement comme avant : tout ce que vous consommez, vous le payez. Et que les panneaux solaires "remboursent" une partie ensuite. Ce n'est pas comme ça que ça marche.
Le système tunisien fonctionne par compensation nette, qu'on appelle aussi net metering. Concrètement : sur toute une période de facturation de deux mois, la STEG additionne les kilowattheures que vous avez injectés dans le réseau (votre surplus de production journalière) et les soustrait des kilowattheures que vous avez consommés depuis le réseau (la nuit, les jours nuageux, les pics de consommation). Elle ne facture que le solde.
Pensez à un compte bancaire. Peu importe si vous avez retiré de l'argent le matin et déposé le soir. Ce qui compte, c'est le solde à la clôture. La STEG fonctionne exactement de la même façon, à l'échelle de la période bimestrielle.
Ce mécanisme a une conséquence directe : si votre installation produit suffisamment sur deux mois pour couvrir tout ce que vous avez tiré du réseau, votre consommation nette facturée tombe à zéro. Ce qui reste sur votre facture ? La redevance fixe d'abonnement et quelques taxes incompressibles. Quelques dizaines de dinars au maximum. Pas de coût d'énergie.
C'est ça, le vrai objectif d'une installation correctement dimensionnée. Pas "réduire la facture de 70%". L'annuler presque entièrement.
Pour comprendre en détail comment votre électricité solaire circule entre vos panneaux, votre maison et le réseau STEG.

Quand la puissance installée ne correspond pas à la consommation réelle
Le problème n'est pas que le solaire est inefficace. Le problème, c'est l'écart entre ce que l'installation produit et ce que vous consommez réellement. Deux cas de figure coexistent, et ils méritent d'être distingués.
L'installation partiellement insuffisante
Prenons un foyer qui consomme 4 000 kWh par an. Une installation de 2 kWc en Tunisie, bien orientée, produit environ 3 200 kWh/an. Le solde résiduel à payer à la STEG : environ 800 kWh par an, soit un peu plus de 130 kWh par période bimestrielle.
Ces 130 kWh ne sont pas gratuits. Selon votre profil de consommation résiduelle et les paliers tarifaires STEG, ils peuvent se trouver dans des tranches dont le prix unitaire n'est pas négligeable. La facture baisse, parfois significativement. Mais elle ne disparaît pas. Et si on vous avait promis "vous ne paierez plus que l'abonnement", cette promesse n'est pas tenue.
L'installation clairement sous-dimensionnée
Deuxième cas, plus douloureux. Un foyer consomme 6 000 kWh/an. L'installateur pose 2 kWc, parfois 3 kWc, pour proposer un prix compétitif ou parce qu'il n'a pas analysé sérieusement la consommation. Production annuelle réelle : entre 3 200 et 4 800 kWh selon la configuration. Solde résiduel à payer : entre 1 200 et 2 800 kWh par an.
Ce solde n'est pas dans les premiers paliers tarifaires, les moins coûteux. Ce foyer consommait beaucoup avant l'installation, il reste dans des paliers intermédiaires après. Le coût unitaire du kWh résiduel reste élevé.
Et si cette installation a été financée via PROSOL Elec, le programme de financement de la STEG, le client rembourse chaque mois une échéance de crédit. En plus d'une facture STEG qui n'a pas assez diminué pour être anecdotique. Le crédit ne s'autofinance pas. Il s'additionne.
L'installation fonctionne. C'est là où la situation est frustrante : techniquement, rien ne cloche. Le problème est commercial et méthodologique. La puissance a été vendue sans rapport réel avec la consommation du client.
Pour comprendre comment les paliers tarifaires STEG fonctionnent et pourquoi les kilowattheures résiduels coûtent plus cher qu'on ne le croit.

Le calcul arithmétique ne suffit pas : pourquoi votre consommation d'aujourd'hui n'est pas votre consommation de demain
C'est la section que la quasi-totalité des installateurs n'abordent jamais. Et c'est pourtant elle qui fait la différence entre un dimensionnement qui tient dans le temps et un dimensionnement qui devient insuffisant six mois après la mise en service.
Baser le calcul sur votre dernière année de consommation STEG est un point de départ nécessaire. Ce n'est pas un point d'arrivée suffisant.
Ce qui change dans votre comportement après l'installation
L'effet est documenté, prévisible, et parfaitement humain. Quand on n'a plus l'impression de "payer l'électricité", la vigilance baisse naturellement. Le climatiseur reste allumé une heure de plus avant de dormir. On laisse le chauffe-eau en mode permanent plutôt qu'en programmation. Les enfants n'éteignent plus les lumières avec la même rigueur. On branche des appareils qu'on évitait avant. Ce n'est pas de l'inconscience : c'est simplement la conséquence logique de ne plus ressentir le coût direct à chaque usage.
Ce changement de comportement représente couramment 15 à 25% de consommation supplémentaire dans les six à douze mois suivant l'installation. Une installation calibrée pile sur votre consommation passée sera déjà en tension le jour où elle entre en service.
Les équipements que vous n'avez pas encore, mais que vous prévoyez
C'est l'autre angle mort. Un climatiseur prévu pour l'été prochain représente facilement 800 à 1 500 kWh/an supplémentaires selon la puissance et l'usage. Une voiture électrique rechargée principalement la nuit, c'est entre 2 000 et 3 500 kWh/an additionnels selon le kilométrage. Un chauffe-eau électrique qui remplace un chauffe-eau solaire ou gaz : encore 1 000 à 2 000 kWh/an selon la taille de la famille.
Chacun de ces équipements, pris isolément, peut rendre insuffisante une installation qui semblait correcte. Combinés, ils transforment un bon dimensionnement en sous-dimensionnement chronique.
Un accompagnement sérieux pose ces questions avant de sortir la calculatrice. "Avez-vous prévu d'acheter un climatiseur ?" "Envisagez-vous un véhicule électrique dans les deux prochaines années ?" "Votre famille va-t-elle s'agrandir ?" Ces questions ne sont pas anecdotiques. Elles changent la taille de l'installation recommandée.
Et anticiper a une valeur concrète, au-delà de la facture. Si votre consommation augmente après installation et que vous souhaitez ajouter des panneaux, ce n'est pas toujours simple. Un onduleur est conçu pour fonctionner dans une plage de puissance définie. Dépasser cette plage avec de nouveaux panneaux peut nécessiter de le remplacer entièrement, ce qui représente un coût significatif. L'alternative : des micro-onduleurs additionnels installés sur les nouveaux panneaux, techniquement valable mais plus onéreux que si l'ensemble avait été prévu dès le départ. Prévoir large au moment du dimensionnement initial revient toujours moins cher que corriger après coup.
Pour estimer votre consommation réelle, actuelle et future, le simulateur de Sunrise intègre vos équipements présents et ceux que vous prévoyez d'ajouter :
Et si une voiture électrique fait partie de vos projets, le simulateur dédié calcule précisément l'impact sur votre consommation annuelle et donc sur le dimensionnement solaire nécessaire :

Ce qu'un devis sérieux doit contenir pour éviter ce problème
Vous n'avez pas besoin d'être ingénieur pour évaluer la qualité d'un devis solaire. Trois éléments suffisent à distinguer un dimensionnement sérieux d'un bon de commande habillé en étude technique.
Le premier : votre consommation annuelle en kWh figure explicitement sur le devis, avec la source du chiffre. Pas une estimation approximative, pas une moyenne nationale. Votre consommation réelle, extraite de vos factures STEG. Si ce chiffre est absent, l'installateur a dimensionné pour une maison fictive.
Le deuxième : la production annuelle estimée de l'installation est mentionnée en kWh, pas seulement en kWc. Le kilowatt-crête mesure la puissance maximale théorique des panneaux. Le kilowattheure annuel mesure ce que l'installation va réellement produire dans votre région, avec votre orientation de toit, sur une année entière. C'est ce deuxième chiffre qui permet de vérifier si la couverture est suffisante. Sans lui, la comparaison avec votre consommation est impossible.
Le troisième : l'entretien préalable a inclus des questions sur vos projets. Pas seulement "quelle est votre dernière facture STEG", mais "prévoyez-vous des équipements nouveaux dans les deux prochaines années ?" Si personne ne vous a posé cette question, le dimensionnement est basé sur votre passé, pas sur votre futur.
Personnellement, je trouve qu'un installateur qui remplit un bon de commande sans poser ces questions ne vous rend pas un mauvais service par malveillance, la plupart du temps. Il reproduit une habitude commerciale qui privilégie la rapidité sur la précision. Mais le résultat pour vous est le même : une installation qui ne tient pas ses promesses.
L'article sur les 7 vérifications essentielles avant de signer un devis solaire détaille les autres points de contrôle à vérifier sur le plan technique et réglementaire.

Vous avez déjà installé : trois vérifications à faire maintenant
Si votre installation est déjà posée et que vous doutez, voici comment évaluer la situation vous-même, sans technicien et sans jargon.
La première vérification : retrouvez votre consommation annuelle en kWh sur votre facture STEG. Elle y figure. Si vous n'avez pas une facture annuelle sous la main, prenez votre dernière facture bimestrielle estimée et multipliez par 6. Vous avez votre consommation annuelle approximative.
La deuxième : cherchez dans votre documentation d'installation, ou demandez directement à votre installateur, la production annuelle prévue de votre système en kWh. Pas la puissance en kWc. La production en kWh par an, estimée pour votre région et votre configuration de toit. Si on vous répond en kWc seulement, insistez. Ce n'est pas une réponse à votre question.
La troisième : comparez les deux chiffres. Si votre production prévue est nettement inférieure à votre consommation annuelle, et encore davantage si vous avez acquis de nouveaux équipements depuis l'installation, vous avez votre réponse. L'installation était sous-dimensionnée pour votre profil réel.
Pour recalculer le dimensionnement qui aurait correspondu à votre situation, l'outil de calcul de dimensionnement exact de Sunrise vous donne une réponse basée sur votre consommation réelle et votre région.

Questions fréquentes
Mon installation produit bien, mais ma facture STEG reste significative. Est-ce un problème de panneaux ou de dimensionnement ?
Dans la grande majorité des cas, c'est un problème de dimensionnement. Si vos panneaux produisent (vous pouvez le vérifier sur l'interface de votre onduleur ou sur votre compteur bidirectionnel), le système fonctionne. Ce qui reste à payer correspond aux kilowattheures que votre installation n'a pas suffi à couvrir sur la période. La question à poser : votre production annuelle en kWh est-elle inférieure à votre consommation annuelle ? Si oui, la puissance installée était insuffisante.
Combien de kWc faut-il pour une consommation de 6 000 kWh/an ?
En Tunisie, un kWc bien orienté (plein sud, inclinaison adaptée à la latitude, sans ombrage) produit entre 1 600 et 1 700 kWh/an selon la région. Pour couvrir 6 000 kWh/an, il faut donc entre 3,5 et 4 kWc de puissance installée. En intégrant une marge de 15 à 20% pour absorber l'évolution naturelle de la consommation après installation, un dimensionnement raisonnable pour ce profil se situe autour de 4 à 4,5 kWc. Une installation de 2 ou 3 kWc est structurellement insuffisante pour ce niveau de consommation.
Si j'achète une voiture électrique après l'installation, que se passe-t-il ?
Votre consommation annuelle augmente significativement, entre 2 000 et 3 500 kWh/an supplémentaires selon votre kilométrage. Si votre installation n'a pas été prévue avec cette marge, elle devient sous-dimensionnée du jour où vous branchez le véhicule. La facture STEG remonte. Le simulateur voiture électrique et solaire de Sunrise permet de calculer précisément cet impact avant que la situation se produise.
Peut-on agrandir une installation existante si elle est sous-dimensionnée ?
Techniquement oui, mais ce n'est pas aussi simple qu'ajouter des panneaux. L'onduleur existant est dimensionné pour une puissance maximale en entrée. Si les nouveaux panneaux dépassent cette limite, l'onduleur doit être remplacé, ce qui représente un coût supplémentaire non négligeable. L'alternative est d'installer des micro-onduleurs sur les nouveaux panneaux, fonctionnant indépendamment de l'onduleur existant. C'est faisable, mais plus coûteux que si l'ensemble avait été anticipé dès le départ.
Avec PROSOL Elec, l'économie sur la facture STEG devrait-elle couvrir l'échéance mensuelle ?
C'est l'objectif d'un bon dimensionnement : que l'économie réalisée sur la facture STEG soit au moins égale, idéalement supérieure, à l'échéance mensuelle de remboursement. Dans ce cas, l'installation s'autofinance et vous dégagez même un bénéfice net dès la première période. Si ce n'est pas le cas, c'est que la production de l'installation est insuffisante pour couvrir votre consommation réelle, et donc que l'économie générée est trop faible pour absorber l'échéance.
Un installateur peut-il être tenu responsable d'un mauvais dimensionnement ?
C'est une question légitime, mais la réponse dépend de ce qui est écrit dans le contrat. Si le devis mentionne une économie garantie ou une production minimale et que ces engagements ne sont pas tenus, vous disposez d'un argument contractuel. Si le devis se contente de décrire le matériel installé sans s'engager sur un résultat, c'est plus difficile. C'est une raison supplémentaire d'exiger, avant toute signature, que le devis mentionne explicitement la production annuelle prévue et la consommation sur laquelle le dimensionnement est basé.
Le solaire fonctionne. Ce n'est pas une question à se poser. Des dizaines de milliers de foyers tunisiens ne paient plus que quelques dizaines de dinars de frais fixes chaque bimestre. L'objectif est atteignable.
Ce qui ne fonctionne pas, c'est un dimensionnement fait sur le coin d'une table, sans regarder vos factures, sans vous demander ce que vous prévoyez d'acheter l'année prochaine, sans intégrer que votre comportement énergétique va changer le jour où vous installez des panneaux.
Un bon dimensionnement n'est pas un calcul. C'est une conversation. Sur qui vous êtes, sur comment vous vivez, sur ce que vous avez prévu. Cette conversation, si personne ne vous l'a proposée avant la signature, votre installation est peut-être correcte sur le papier. Elle n'était pas calibrée pour vous.







